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Guide Sauvegarde · Définition et méthode

Vos données sont-elles vraiment sauvegardées ?

Dans la plupart des audits que nous menons, la sauvegarde tourne, le rapport est vert, et personne n'a jamais essayé de restaurer quoi que ce soit. Voici comment construire un plan qui protège vraiment, et comment vérifier qu'il fonctionne.

Par , fondateur d'Infranat Publié le Mis à jour le

Définition

Une sauvegarde (en anglais backup) est une copie de données conservée séparément de l'original, dans un état figé à un instant donné, dans le seul but de pouvoir rétablir ces données après une perte, une corruption ou un chiffrement. Ce qui fait d'une copie une sauvegarde n'est pas son existence, mais le fait qu'elle soit isolée, datée et restaurable.

Les trois mots en gras de cette définition sont les trois raisons pour lesquelles une PME qui « a des sauvegardes » se retrouve pourtant sans rien le jour du sinistre. Isolée, parce qu'une copie branchée en permanence sur le réseau sera chiffrée en même temps que l'original. Datée, parce qu'il faut pouvoir revenir à avant l'incident, et non à la dernière version déjà corrompue. Restaurable, parce qu'une sauvegarde qui n'a jamais été testée n'est pas une sauvegarde, c'est une hypothèse.

Ce qui n'est pas une sauvegarde

C'est la confusion la plus répandue, et la plus coûteuse. Quatre dispositifs sont régulièrement pris pour des sauvegardes alors qu'ils ne protègent pas des mêmes risques :

Quatre faux amis

La synchronisation (OneDrive, Google Drive, Dropbox)
Elle réplique vos modifications en temps réel. Si un fichier est supprimé, écrasé ou chiffré par un rançongiciel, la synchronisation propage fidèlement le dégât vers toutes les copies, en quelques secondes. L'historique de versions de ces services aide sur un fichier isolé, mais il n'est ni conçu ni dimensionné pour restaurer des dizaines de milliers de fichiers après un incident.
Le RAID
Un disque en miroir protège d'une panne de disque, et de rien d'autre. Une suppression accidentelle, un rançongiciel, un incendie ou une erreur d'administration touchent tous les disques de la grappe en même temps. Le RAID sert la disponibilité, pas la récupération.
L'instantané (snapshot)
Un instantané de machine virtuelle ou de volume est rapide et très utile pour revenir en arrière après une mise à jour ratée. Mais il vit sur le même stockage que la donnée d'origine : si ce stockage est perdu ou chiffré, les instantanés partent avec. C'est un complément, jamais un remplacement.
L'archivage
Une archive sort une donnée du système actif pour la conserver longtemps, souvent pour des raisons légales. Elle répond à une obligation de conservation, pas à un besoin de reprise rapide. Une archive et une sauvegarde ne se substituent pas l'une à l'autre.

Sauvegarde complète, incrémentale, différentielle

Trois méthodes, qui se combinent dans la pratique :

  • La sauvegarde complète copie l'intégralité des données à chaque passage. Simple à restaurer, lente à produire et gourmande en espace.
  • La sauvegarde incrémentale ne copie que ce qui a changé depuis la sauvegarde précédente, quelle qu'elle soit. Très rapide et très économe, mais la restauration exige la chaîne complète : si un maillon est corrompu, la suite est inexploitable.
  • La sauvegarde différentielle copie tout ce qui a changé depuis la dernière sauvegarde complète. Compromis entre les deux : plus volumineuse que l'incrémentale, mais une restauration ne demande que deux éléments.

Le schéma le plus courant en PME est une complète hebdomadaire et des incrémentales quotidiennes. Le point de vigilance n'est pas le choix de la méthode, c'est la vérification d'intégrité de la chaîne : une sauvegarde incrémentale non vérifiée pendant six mois peut être inexploitable sur toute sa profondeur sans qu'aucune alerte ne se déclenche.

La règle 3-2-1 : le standard international

C'est la règle d'or de la sauvegarde. Simple à retenir, difficile à respecter sans organisation.

3

3 copies de vos données

La donnée originale + 2 sauvegardes. Si vous n'avez qu'une seule sauvegarde et qu'elle échoue au moment de la restauration, vous n'avez plus rien.

2

2 supports différents

NAS + cloud, tape + disque... Les deux copies de sauvegarde doivent être sur des technologies différentes. Un incendie ou une panne matérielle ne doit pas emporter les deux.

1

1 copie hors site

Une sauvegarde doit être physiquement ailleurs (cloud, datacenter distant, site secondaire). Le dégât des eaux, l'incendie ou le vol ne doit pas atteindre toutes vos copies simultanément.

La règle 3-2-1-1 (version moderne) : Ajoutez un "1 copie immuable/offline" - une sauvegarde air-gappée, inaccessible depuis le réseau, que même un ransomware ne peut pas chiffrer.

Comprendre RTO et RPO

Deux métriques fondamentales que votre plan de sauvegarde doit définir avant tout incident.

RTO - Recovery Time Objective

Combien de temps pour redémarrer ?

Le RTO est le temps maximum acceptable entre le début de l'incident et la reprise d'activité. Un RTO de 4h signifie que vous devez être de nouveau opérationnel dans les 4 heures suivant un sinistre.

Exemple : Votre ERP tombe à 9h. Avec un RTO de 4h, vos équipes doivent pouvoir travailler à nouveau avant 13h.
RPO - Recovery Point Objective

Combien de données perdues acceptable ?

Le RPO est la perte de données maximale tolérée, exprimée en temps. Un RPO de 1h signifie qu'en cas de sinistre vous acceptez de perdre au maximum 1 heure de données.

Exemple : Avec un RPO de 1h et une sauvegarde toutes les 4h, vous êtes hors SLA. Adaptez la fréquence de sauvegarde à votre RPO.

Les erreurs courantes des PME

Ces erreurs paraissent anodines. Elles sont découvertes au pire moment.

Sauvegarder sans jamais tester la restauration

Le piège le plus fréquent. Une sauvegarde qui n'a jamais été testée n'est pas une sauvegarde, c'est une illusion de sécurité. Les fichiers peuvent être corrompus, le processus peut échouer, la version peut être incompatible. Testez une restauration complète au minimum une fois par trimestre.

Sauvegarder sur le même serveur que les données originales

Si le serveur tombe (panne matérielle, ransomware, incendie), la sauvegarde disparaît avec les données. La copie de sauvegarde doit être physiquement séparée de la source.

Se limiter à un NAS local

Un NAS local ne protège pas contre les incendies, les dégâts des eaux ou les ransomwares (qui chiffrent aussi les partages réseau). La copie hors site est obligatoire pour une vraie résilience.

Confondre synchronisation et sauvegarde

OneDrive, Dropbox, Google Drive sont des outils de synchronisation. Si vous supprimez accidentellement un fichier, la suppression se synchronise partout. Ce n'est pas une sauvegarde. Il faut un outil dédié avec versioning et rétention.

Que sauvegarder exactement ?

Un inventaire complet des éléments critiques à inclure dans votre plan de sauvegarde.

Fichiers métier

  • Documents partagés
  • Fichiers comptables
  • Contrats clients
  • Plans et CAO
  • Archives projets

Bases de données

  • ERP / CRM
  • Base comptable
  • BDD e-commerce
  • Applications métier
  • Logs d'audit

Messagerie

  • Boîtes Exchange / M365
  • Calendriers
  • Contacts
  • Archives emails
  • Teams / SharePoint

Configurations serveurs

  • Active Directory
  • GPO et politiques
  • Configs réseau
  • Certificats SSL
  • Scripts d'automatisation

Les quatre chiffres que vous devriez connaître

Pas des statistiques de marché, les vôtres. Si vous ne pouvez pas répondre à ces quatre questions sur votre propre installation, c'est le premier résultat de la lecture de cette page.

RPO
Combien d'heures de travail acceptez-vous de perdre ? C'est l'écart maximal entre deux sauvegardes.
RTO
En combien de temps redémarrez-vous après un sinistre ? Non pas le délai espéré : celui que vous avez mesuré.
?
À quelle date la dernière restauration complète a-t-elle été testée, et combien de temps a-t-elle pris ?
€/jour
Votre masse salariale chargée mensuelle divisée par les jours ouvrés : le coût d'une journée d'arrêt. Le calculer.

Pourquoi nous n'affichons pas de statistiques de marché ici. Les chiffres qui circulent sur les conséquences d'une perte de données sont massivement repris les uns des autres et rarement rattachables à une étude identifiable. Nous préférons ne rien affirmer que nous ne puissions sourcer. Ce que nous constatons, en revanche, et que nous assumons : dans la plupart des audits que nous menons, la troisième case ci-dessus reste sans réponse.

Plan 3-2-1 géré clé en main

Déploiement et supervision d'une architecture 3-2-1 complète : sauvegarde locale sur NAS, réplication cloud chiffrée, et copie immuable hors site. Zéro gestion de votre côté.

Tests de restauration mensuels

Chaque mois, nous testons la restauration complète d'un échantillon représentatif de vos données. Rapport fourni. Vous savez que ça fonctionne - avant d'en avoir besoin.

RTO garanti inférieur à 4 heures

Notre SLA garantit une reprise d'activité complète en moins de 4 heures sur les systèmes critiques. Pour les clients ayant opté pour notre PRA avancé, le RTO descend à 1 heure.

Chiffrement AES-256 bout en bout

Toutes vos sauvegardes sont chiffrées en transit et au repos avec AES-256. Conformité RGPD garantie. Clés de chiffrement sous votre contrôle exclusif.

Votre plan de sauvegarde est-il à la hauteur ?

Audit sauvegarde gratuit : nous analysons votre configuration actuelle et identifions les risques en 30 minutes.

Questions fréquentes

Quelle est la fréquence de sauvegarde idéale pour une PME ?
Cela dépend de votre RPO. Pour la plupart des PME, une sauvegarde toutes les heures des données critiques (bases de données, ERP) est recommandée. Les fichiers moins critiques peuvent être sauvegardés quotidiennement. L'important est que la fréquence corresponde à la perte de données maximale que vous acceptez.
OneDrive et Google Drive sont-ils suffisants comme sauvegarde ?
Non. Ces outils sont des services de synchronisation, pas de sauvegarde. Si vous supprimez accidentellement un fichier, il disparaît partout. Si votre compte est compromis, toutes les données sont exposées. Vous avez besoin d'une solution de sauvegarde dédiée avec versioning long terme, rétention configurable et tests de restauration.
Combien de temps conserver les sauvegardes ?
La durée de rétention dépend de vos obligations légales et de vos besoins. En France, les documents comptables doivent être conservés 10 ans. Pour les données RGPD, la durée est variable selon le type. En pratique, nous recommandons une rétention de 30 jours en sauvegardes quotidiennes, 12 mois en mensuelles, et 7 ans en archives annuelles.
La sauvegarde cloud est-elle sécurisée ? Qui peut y accéder ?
Avec un chiffrement côté client (avant l'envoi), les données sont illisibles même pour le fournisseur cloud. Le chiffrement AES-256 avec clés que vous seul détenez est la standard. Vérifiez que votre prestataire pratique cette approche et non le chiffrement géré côté serveur, qui laisse le fournisseur accéder à vos données.
Que faire si une sauvegarde échoue ?
Chaque échec de sauvegarde doit déclencher une alerte immédiate - idéalement avec un escalade automatique si non traité dans l'heure. Infranat supervise toutes les sauvegardes de nos clients 24/7 et intervient proactivement sur chaque échec sans attendre que vous nous contactiez. C'est le standard minimum d'une infogérance sérieuse.

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