Cette dernière phrase est la clé, et elle explique presque toutes les difficultés que rencontrent les entreprises avec SharePoint. L'outil a été conçu autour d'une idée simple : un document professionnel n'appartient pas à la personne qui l'a créé, il appartient à l'équipe et il doit survivre à son départ. Toute la logique de SharePoint découle de là, et c'est exactement ce qui déroute quand on arrive avec des réflexes de dossier réseau ou de clé USB.
Pourquoi ça paraît compliqué
Parce qu'on l'utilise presque toujours pour la mauvaise raison au début. Une entreprise qui migre son ancien serveur de fichiers recopie son arborescence telle quelle dans SharePoint, obtient quelque chose de plus lent et de moins pratique qu'avant, et en conclut que l'outil est mauvais.
Le problème n'est pas l'outil, c'est l'usage : SharePoint n'est pas un lecteur réseau. Il range par site d'équipe et par bibliothèque, avec des métadonnées, et pas par dossiers imbriqués sur douze niveaux. Utilisé comme un lecteur réseau, il est effectivement décevant. Utilisé pour ce qu'il est, il résout des problèmes qu'un lecteur réseau ne résoudra jamais.
Les quatre choses qu'il fait et qu'un dossier partagé ne fait pas
- L'historique des versions. Chaque enregistrement crée une version récupérable. Le fichier écrasé par erreur un vendredi soir se restaure en deux clics, sans ticket et sans bande de sauvegarde.
- La co-édition en temps réel. Plusieurs personnes travaillent dans le même document simultanément. Fini les fichiers nommés « devis_V4_final_corrigé_JC_bis.docx ».
- Les droits par groupe, pas par personne. On donne accès à « l'équipe commerciale », et l'arrivée ou le départ d'un commercial ne demande aucune reprise de permissions fichier par fichier.
- La recherche sur le contenu. SharePoint indexe l'intérieur des documents, y compris le texte des PDF scannés reconnus. On retrouve un contrat par le nom du client qu'il contient, pas par le nom du fichier dont personne ne se souvient.