Ce que fait un switch, concrètement
Prenez un bureau avec douze ordinateurs, deux imprimantes, un serveur de fichiers, six téléphones IP et trois bornes Wi-Fi. Tous ont besoin de se parler, et de parler au serveur. Sans switch, il faudrait un câble direct entre chaque paire d'appareils, soit plusieurs centaines de câbles. Avec un switch, chaque appareil tire un seul câble vers lui, et le switch se charge de l'aiguillage.
Son travail tient en trois opérations, répétées des milliers de fois par seconde :
- Apprendre. Quand un appareil émet pour la première fois, le switch note son adresse MAC et le port sur lequel il est branché. Il se construit ainsi une table d'adresses, sans aucune configuration.
- Commuter. À la réception d'une trame, il lit l'adresse du destinataire, consulte sa table et envoie la trame uniquement sur le bon port. Les autres appareils ne voient rien passer.
- Diffuser quand il faut. Si le destinataire est inconnu, ou si le message est une diffusion générale, il l'envoie sur tous les ports sauf celui d'origine. C'est un mécanisme normal, mais c'est aussi ce qui sature un réseau mal segmenté.
La conséquence pratique est importante : parce que chaque conversation est isolée sur son port, deux appareils peuvent échanger à pleine vitesse sans gêner les autres. C'est exactement ce que son ancêtre, le hub, ne savait pas faire.
Où se situe-t-il dans le réseau
Dans le modèle en couches utilisé pour décrire les réseaux, un switch classique travaille au niveau 2, celui des adresses physiques. Il ne connaît pas les adresses IP et ne sait pas ce qu'est Internet. Il transporte, il ne décide pas de la route.
Il existe aussi des switchs de niveau 3, qui savent en plus router entre plusieurs réseaux IP. Ils brouillent volontairement la frontière avec le routeur, et c'est utile dans les réseaux d'entreprise segmentés. Nous y revenons plus bas.