Le terme est un mot-valise français, formé sur « informatique » et « gérance ». Il n'a pas d'équivalent exact en anglais : on y parle d'IT outsourcing pour la démarche, et de managed services pour le modèle moderne. Un prestataire d'infogérance se désigne souvent lui-même comme un MSP, pour managed service provider.
Cette nuance de vocabulaire a une conséquence pratique. Le mot « infogérance » existe en France depuis les années 1990, à l'époque où il désignait surtout l'externalisation lourde de salles machines par de grandes entreprises. Le modèle MSP qui s'est imposé depuis est très différent : il s'adresse aux TPE et PME, il est forfaitaire par poste de travail, et il repose sur l'administration à distance plutôt que sur la présence d'un technicien sur site. Les deux portent le même nom en français, ce qui explique une partie des malentendus sur les prix.
Ce qui distingue vraiment l'infogérance
La différence avec un simple contrat de maintenance ne tient pas au périmètre technique, qui peut être identique. Elle tient à trois déplacements :
- De l'intervention vers le résultat. On ne paie plus des heures passées, on paie une disponibilité et des délais. Le prestataire a donc un intérêt économique direct à ce que rien ne tombe, alors qu'un prestataire à l'heure gagne de l'argent quand ça tombe.
- Du curatif vers le préventif. La supervision, les correctifs et la surveillance des sauvegardes sont intégrés au forfait. Ils ne sont plus des prestations qu'il faut décider et payer à chaque fois.
- De la demande vers la responsabilité. Dans un contrat d'infogérance bien écrit, ce n'est plus au client de savoir qu'il faut mettre à jour un pare-feu. C'est au prestataire de le faire, et de rendre compte s'il ne l'a pas fait.