Trois notions que l'on confond, et qui expliquent à elles seules la plupart des pannes « d'Internet » qui n'en sont pas.
L'adresse IP
C'est le numéro qui identifie un appareil sur un réseau, le temps qu'il y est connecté. Deux distinctions comptent.
Adresse privée ou publique. À l'intérieur de votre bureau, chaque appareil porte une adresse privée, qui n'a de sens que là. Vers Internet, tout le monde sort derrière une seule adresse publique, celle de votre accès. C'est pour cela que l'adresse publique d'une entreprise est tout sauf anonyme : elle identifie l'entreprise entière.
Adresse fixe ou dynamique. Un poste de travail n'a aucun besoin d'adresse fixe, il en reçoit une automatiquement. En revanche une imprimante, un serveur, un pare-feu, une caméra ou un équipement piloté doivent garder la même, sinon ce qui les cherche ne les trouve plus. La bonne pratique n'est pas de régler l'adresse sur l'appareil lui-même mais de la réserver au niveau du réseau : l'appareil continue de demander une adresse, et reçoit toujours la même. Cela évite le conflit classique de deux équipements configurés manuellement avec la même adresse par deux personnes différentes.
Le DHCP
C'est le service qui distribue les adresses automatiquement. Quand un appareil se connecte, il demande une adresse, le DHCP lui en prête une pour une durée déterminée, et lui indique au passage par où sortir et quel service de noms utiliser.
Deux pannes typiques : la réserve d'adresses épuisée, quand le nombre d'appareils dépasse la plage prévue, ce qui arrive vite avec les téléphones personnels sur le Wi-Fi ; et deux services DHCP qui se concurrencent, situation produite par une box laissée active en parallèle d'un pare-feu, où les appareils reçoivent des adresses incohérentes selon qui répond le premier. Le symptôme est spectaculaire et aléatoire, et la cause tient en un réglage.
Le DNS
C'est l'annuaire qui traduit les noms en adresses. Vous tapez un nom de site, le DNS répond par l'adresse correspondante. Rien ne fonctionne sans lui, et c'est pour cela qu'une panne de DNS ressemble exactement à une panne d'Internet : la connexion est parfaitement opérationnelle, mais plus rien ne sait où aller.
En entreprise, le DNS porte aussi les enregistrements qui font fonctionner votre messagerie et qui prouvent que vos courriels viennent bien de vous. Une erreur à cet endroit ne provoque pas de panne visible : elle fait simplement arriver vos messages dans les indésirables de vos clients, ce qui est pire parce que personne ne vous le dit.
Le nom de domaine et sa date d'expiration
Votre nom de domaine est l'actif numérique le plus critique et le moins surveillé de l'entreprise. S'il expire, le site et la messagerie s'arrêtent le même jour, et la récupération peut prendre des jours. Les causes sont toujours les mêmes : carte bancaire expirée, courriel de renouvellement envoyé à l'adresse d'un ancien salarié, domaine enregistré au nom personnel d'un prestataire parti.
Trois vérifications à faire aujourd'hui : qui est le titulaire déclaré du domaine, à quelle adresse partent les avis de renouvellement, et quelle est la date d'expiration.