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Explicatif · Infrastructure

Câblage réseau : quelle catégorie choisir ?

Ce que changent réellement les catégories Cat 5e, 6, 6a et 7, et pourquoi la question du blindage et de la certification compte plus que le numéro. Le câblage est le seul poste informatique qui dure vingt ans : c'est aussi le seul où l'économie du jour se paie pendant deux décennies.

Par , fondateur d'Infranat Publié le

Définition

Une catégorie de câble définit les performances électriques garanties d'un lien en cuivre à paires torsadées : la bande passante qu'il supporte, exprimée en mégahertz, et la résistance aux perturbations. Le connecteur, lui, s'appelle RJ45 et reste le même de la Cat 5e à la Cat 6a.

Une confusion mérite d'être levée tout de suite : la catégorie n'est pas un débit. Elle décrit la qualité du support. C'est le matériel actif aux deux extrémités qui décide du débit, dans la limite de ce que le support autorise.

Cette distinction a une conséquence pratique immédiate. Poser du Cat 6a ne fera pas passer votre réseau à 10 Gbit/s : il faut des switchs et des cartes réseau capables de ce débit. En revanche, poser du Cat 5e vous interdira d'y accéder le jour où vous changerez ces équipements, sans retoucher aux murs.

Le lien, et pas seulement le câble

Un lien réseau n'est pas un câble : c'est une chaîne complète, et sa performance est celle de son élément le plus faible. Elle comprend le câble posé dans les cloisons, les deux connecteurs sertis à chaque bout, la prise murale, le panneau de brassage dans la baie, et le cordon de raccordement.

C'est pourquoi un câble Cat 6a raccordé sur des prises Cat 5e donne un lien Cat 5e, et pourquoi la qualité du sertissage pèse autant que la référence du câble. Nous voyons régulièrement des installations où le câble est irréprochable et où les paires ont été détorsadées sur trois centimètres au connecteur, ce qui suffit à dégrader le lien.

Les catégories comparées

Les longueurs indiquées valent pour un lien correctement posé et certifié.

Catégorie Bande passante 1 Gbit/s 10 Gbit/s Où elle a du sens
Cat 5e 100 MHz 100 m Non Existant à conserver. Ne plus en poser dans du neuf : l'écart de prix avec la Cat 6 ne justifie pas de se fermer le 10 Gbit/s.
Cat 6 250 MHz 100 m Jusqu'à 55 m environ Le minimum raisonnable aujourd'hui. Convient à la majorité des bureaux, où les liens dépassent rarement 55 m.
Cat 6a 500 MHz 100 m 100 m Le choix de référence en construction neuve, en rénovation lourde, et pour les liens entre baies ou vers les bornes Wi-Fi récentes.
Cat 7 / 7a 600 à 1 000 MHz 100 m 100 m Rarement justifiée. Ses spécifications d'origine reposent sur des connecteurs qui ne sont pas du RJ45, et en pratique elle est posée avec des prises Cat 6a, ce qui ramène le lien à du Cat 6a.
Cat 8 2 000 MHz 100 m 25 à 40 Gbit/s sur 30 m Centre de données uniquement, pour des liaisons très courtes entre baies. Aucun intérêt dans un bureau.

Pour une PME, la décision se résume presque toujours à Cat 6 ou Cat 6a. Le surcoût de la Cat 6a sur une installation neuve est modéré rapporté au coût total du chantier, main-d'œuvre et reprise des finitions comprises, et il achète quinze ans de tranquillité.

Blindé ou non blindé : la vraie question

Les sigles qui accompagnent la catégorie décrivent le blindage. U/UTP n'en a aucun, F/UTP a un écran général, S/FTP a un écran général plus un blindage par paire.

Le blindage protège des perturbations électromagnétiques, mais il introduit une contrainte absolue : il doit être raccordé à la terre, correctement, aux deux extrémités. Un blindage mal relié ne protège de rien et peut se comporter comme une antenne, dégradant la situation au lieu de l'améliorer.

La règle que nous appliquons

Du non blindé en environnement de bureau ordinaire, où il se pose plus facilement et coûte moins cher. Du blindé dans les environnements réellement perturbés : atelier avec des moteurs ou des variateurs de fréquence, cheminements longeant des câbles électriques de puissance, locaux techniques. Choisir du blindé sans maîtriser la mise à la terre est le pire des deux mondes.

Deux points de pose comptent autant que la référence du câble. Le rayon de courbure doit être respecté : un câble plié à angle droit derrière une plaque de plâtre a ses paires déformées de façon définitive. Et la séparation avec les câbles électriques doit être tenue, idéalement plusieurs dizaines de centimètres en parallèle, les croisements se faisant à angle droit.

Dernier choix souvent fait à l'envers : le cuivre des conducteurs. Des cordons et câbles vendus très bon marché utilisent de l'aluminium cuivré plutôt que du cuivre pur. Ils fonctionnent au banc, chauffent et perdent en performance sur la longueur, et ne supportent pas l'alimentation par le réseau. À écarter systématiquement.

La certification, et pourquoi elle n'est pas optionnelle

C'est la ligne que tous les devis ne contiennent pas, et c'est la seule qui engage l'installateur.

Un lien peut parfaitement « fonctionner » et être hors spécification. Il transportera 1 Gbit/s dans des conditions calmes, puis produira des pertes de paquets et des ralentissements intermittents dès que la charge monte, en particulier sur la voix sur IP. Ces symptômes sont attribués au logiciel, au serveur, à l'opérateur, et presque jamais au câblage.

La recette ou certification consiste à mesurer chaque lien avec un appareil dédié, qui vérifie l'atténuation, la diaphonie, le temps de propagation et plusieurs autres paramètres, puis déclare le lien conforme ou non à la catégorie visée. Le résultat est un rapport par prise, livrable et archivable.

Ce que nous exigeons d'un chantier de câblage, et ce que nous vous conseillons d'exiger du vôtre :

  • Un rapport de certification par lien, nominatif et daté, pas une attestation globale de bonne exécution.
  • Un repérage cohérent aux deux bouts : l'étiquette de la prise murale correspond à celle du panneau de brassage.
  • Un plan de câblage à jour, qui indique quelle prise aboutit à quel port.
  • Une garantie de l'installateur sur la catégorie annoncée, et non sur le seul fait que « ça passe ».

Sans ces livrables, le moindre doute futur impose de remesurer, ce qui coûte plus cher que de l'avoir fait à la pose.

Les six points à décider avant un chantier

  • La catégorie, Cat 6 ou Cat 6a selon les longueurs et l'horizon de l'installation.
  • Le nombre de prises par poste : deux au minimum, car le coût marginal d'une prise supplémentaire à la pose est très inférieur à celui d'un ajout ultérieur.
  • Les prises pour les bornes Wi-Fi et les caméras, à prévoir en plafond et non à improviser plus tard.
  • La position de la baie, qui conditionne les longueurs de tous les liens.
  • La certification, inscrite au devis avec remise des rapports.
  • Le repérage et le plan, livrés et non promis.

Un dernier conseil, tiré de l'expérience des reprises d'installations : profitez de tout chantier de cloisons pour poser des fourreaux, même sans câble. Repasser un câble dans un fourreau existant coûte une fraction de ce que coûte l'ouverture d'un mur.

Questions fréquentes

Quelle différence entre Cat 5e, Cat 6 et Cat 6a ?

La bande passante garantie et donc ce que le lien autorisera demain. La Cat 5e monte à 100 MHz et plafonne à 1 Gbit/s. La Cat 6 atteint 250 MHz et permet le 10 Gbit/s jusqu'à 55 mètres environ. La Cat 6a monte à 500 MHz et tient le 10 Gbit/s sur 100 mètres. Le connecteur RJ45 est le même pour les trois.

Quelle catégorie choisir pour une PME aujourd'hui ?

Cat 6 au minimum, Cat 6a dès que c'est une construction neuve, une rénovation lourde, un lien entre baies ou une desserte de bornes Wi-Fi récentes. Il n'y a plus de raison de poser de la Cat 5e : l'écart de prix avec la Cat 6 est faible rapporté au coût du chantier et il ferme l'accès au 10 Gbit/s pour toute la durée de vie de l'installation.

La catégorie du câble détermine-t-elle le débit ?

Non. La catégorie décrit la qualité du support et la bande passante qu'il garantit. Le débit est décidé par le matériel actif aux deux extrémités, switch et carte réseau, dans la limite de ce que le support autorise. Poser du Cat 6a ne fait pas passer un réseau à 10 Gbit/s, mais poser du Cat 5e interdit d'y accéder sans retoucher aux murs.

La Cat 7 est-elle meilleure que la Cat 6a ?

Sur le papier oui, en pratique rarement utile. Ses spécifications d'origine reposent sur des connecteurs qui ne sont pas du RJ45, et elle est presque toujours posée avec des prises Cat 6a, ce qui ramène le lien à du Cat 6a. Pour une entreprise, le surcoût ne s'accompagne d'aucun bénéfice mesurable.

Quelle longueur maximale pour un câble réseau ?

Cent mètres pour un lien complet en cuivre, prises et cordons compris, toutes catégories confondues en 1 Gbit/s. Pour du 10 Gbit/s, la Cat 6 est limitée à environ 55 mètres alors que la Cat 6a tient les 100 mètres. Au-delà de 100 mètres, il faut passer par la fibre optique ou ajouter un équipement actif intermédiaire.

Faut-il du câble blindé ?

Seulement dans les environnements réellement perturbés : atelier avec moteurs ou variateurs, cheminements le long de câbles de puissance, locaux techniques. Et à une condition absolue : le blindage doit être raccordé à la terre correctement aux deux extrémités. Mal relié, il ne protège de rien et peut se comporter comme une antenne, dégradant la situation plutôt que l'améliorant.

Qu'est-ce que la certification d'un câblage ?

C'est la mesure de chaque lien avec un appareil dédié qui vérifie l'atténuation, la diaphonie, le temps de propagation et d'autres paramètres, puis déclare le lien conforme ou non à la catégorie visée. Elle produit un rapport par prise, daté et archivable. C'est la seule preuve qu'un lien respecte sa catégorie, car un lien hors spécification peut parfaitement sembler fonctionner avant de produire des pertes intermittentes en charge.

Un mauvais câblage peut-il expliquer des lenteurs réseau ?

Oui, et c'est une cause très sous-diagnostiquée. Un lien hors spécification transporte correctement de petits volumes puis produit des pertes de paquets et des retransmissions dès que la charge monte. Les symptômes se manifestent d'abord sur la voix sur IP et les transferts de fichiers, et sont presque toujours attribués au logiciel, au serveur ou à l'opérateur.

Combien de prises réseau prévoir par poste de travail ?

Deux au minimum, pour l'ordinateur et le téléphone IP ou un second équipement. Le coût marginal d'une prise supplémentaire pendant le chantier est très inférieur à celui d'un ajout ultérieur, qui impose de rouvrir les cheminements. Prévoyez également les prises en plafond pour les bornes Wi-Fi et les caméras, ainsi que des fourreaux vides pour l'avenir.

Avez-vous les rapports de certification de votre câblage ?

Si personne ne les retrouve, la catégorie réelle de vos liens est inconnue, et c'est une piste sérieuse pour des lenteurs que rien d'autre n'explique. Relevé de votre câblage, de votre baie et de votre repérage, inclus dans notre audit offert.

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